Depuis plus d’un siècle et demi, la théorie de l’évolution s’impose comme la colonne vertébrale de la biologie moderne. On la présente comme une évidence, un fait indiscutable, presque un dogme. Pourtant, lorsqu’on quitte les slogans et qu’on examine honnêtement les fondations empiriques et logiques de cette théorie, on découvre un édifice bien plus fragile qu’on ne le croit.
Le grand silence des fossiles intermédiaires
S’il y a bien une donnée qui devrait confirmer la théorie de l’évolution, c’est le registre fossile. Car si les espèces se sont réellement transformées progressivement au fil du temps, les couches géologiques devraient regorger de formes intermédiaires, représentant les transitions successives entre les espèces connues. Or, c’est exactement l’inverse que l’on observe. Les fossiles témoignent d’espèces clairement identifiables, déjà formées, stables, et souvent inchangées pendant des millions d’années. Les prétendus fossiles intermédiaires sont rarissimes, souvent fragmentaires, interprétés selon les modèles théoriques des évolutionnistes eux-mêmes, et pourraient n’être que des espèces disparues, sans représenter de véritables formes de transition. Parfois, un fossile initialement décrit comme « intermédiaire » est plus tard identifié comme appartenant à une espèce déjà connue.
Logiquement, les formes intermédiaires auraient dû être beaucoup plus nombreuses que les espèces abouties : chaque espèce aurait connu des milliers d’étapes morphologiques. Les archives fossiles devraient donc contenir davantage de fossiles de transition que de fossiles d’espèces fixées. Mais la réalité montre tout l’inverse : les fossiles d’espèces connues abondent, alors que les formes de transition [interprétées comme telles par les évolutionnistes eux-mêmes] sont quasi inexistantes.
Face à ce constat embarrassant, certains paléontologues invoquent la sélectivité de la fossilisation, expliquant que seules certaines conditions très particulières permettraient la conservation de ces espèces intermédiaires. Mais cet argument est lui-même sélectif : ces conditions auraient favorisé la fossilisation des espèces abouties, mais rarement – comme par hasard – celle des formes intermédiaires [interprétées comme telles par les évolutionnistes eux-mêmes].
Ce déséquilibre profond entre la théorie et les faits reste, encore aujourd’hui, le point le plus problématique de la macroévolution.
Une macroévolution non observable ni testable
La microévolution, c’est-à-dire les petites variations observées au sein d’une espèce – comme la résistance des bactéries ou la couleur du plumage des oiseaux – est réelle et vérifiable. Mais la macroévolution – le passage d’une espèce à une autre, d’un poisson à un amphibien, d’un reptile à un mammifère – n’a jamais été observée. Aucune expérience ne l’a reproduite, aucune observation directe ne l’a confirmée. Elle est extrapolée à partir de microchangements, mais cette extrapolation repose davantage sur une conviction philosophique que sur une preuve empirique.
Et malgré cela, cette hypothèse est enseignée comme une vérité établie. Dans n’importe quel autre domaine scientifique, une théorie aussi lacunaire serait au mieux qualifiée d’hypothèse spéculative.
L’origine de la vie : un abîme de complexité
Avant même de parler d’évolution, encore faudrait-il expliquer comment la vie est apparue. Or, aucun laboratoire au monde n’a démontré la possibilités qu’une cellule vivante – un système d’une complexité inouïe – puisse se former par hasard à partir de matière inerte. Même dans les meilleures conditions possibles, avec les scientifiques les plus compétents et les technologies les plus avancées, les expériences n’ont produit que des briques chimiques isolées : quelques acides aminés, de petites molécules organiques ou des fragments d’ARN.
Aucune expérience n’a permis que ces briques s’assemblent en protéines fonctionnelles. Aucune expérience n’a permis que des protéines s’organisent en cellules vivantes, avec membrane, métabolisme et reproduction.
Pourtant, dans la nature, la vie est apparue. Ce contraste met en évidence un écart colossal entre ce que la science peut reproduire et ce qui s’est réellement produit : la complexité intégrée d’une cellule dépasse de loin toute auto-organisation observée en laboratoire.
Une analogie simple permet de comprendre l’ampleur de cette impossibilité : imaginez que vous trouviez une montre sophistiquée et parfaitement fonctionnelle dans un champ. Personne ne l’a fabriquée devant vous, et pourtant, elle fonctionne avec une précision remarquable. Dire qu’elle s’est assemblée par hasard paraît absurde. Or, la cellule vivante est infiniment plus complexe qu’une montre, avec des milliers de composants interdépendants qui doivent tous fonctionner ensemble dès le départ. Affirmer qu’une telle machine biologique a pu naître spontanément, alors même que les meilleurs laboratoires du monde n’ont jamais réussi à produire la moindre cellule vivante, relève d’un pari intellectuel d’une improbabilité extrême.
Alice se mit à rire : « Inutile d’essayer », répondit-elle ; « on ne saurait absolument pas croire à l’impossible. »
« Je prétends que vous ne vous y êtes pas suffisamment exercée », dit la Reine. « Lorsque j’avais votre âge, je m’y appliquais régulièrement une demi-heure par jour. Eh bien, il m’est arrivé, avant d’avoir pris le petit-déjeuner, de croire jusqu’à six choses impossibles. » [Caroll L., (1880) De l’autre côté du miroir, trad. H. Parisot, Aubier-Flammarion, Paris, p. 136]
Une méthode scientifique sélective et un cadre idéologique fermé
La science moderne repose sur un principe méthodologique : ne considérer que des causes naturelles. Mais ce principe, légitime pour la recherche expérimentale, devient un carcan idéologique lorsqu’il interdit d’envisager d’autres hypothèses. Ainsi, les scientifiques ne rejettent pas la possibilité d’une cause intelligente parce qu’ils l’ont réfutée, mais par principe, parce qu’elle échappe au cadre matérialiste.
Résultat : la théorie de l’évolution n’est pas seulement une explication parmi d’autres – elle devient l’unique explication autorisée, même lorsqu’elle se heurte à ses propres contradictions. C’est précisément à ce moment que la science cesse d’être une quête de vérité pour devenir une croyance fermée sur elle-même.
Vous raillez les miracles, car votre esprit « rationnel » ne supporte pas ce qui le dépasse. Mais vous croyez sans sourciller que la matière s’est donnée la vie toute seule, que le hasard a façonné la conscience, et que la grenouille s’est transformée en prince. Votre foi semble réservée aux contes.
Conclusion : pour une science honnête et libre
La théorie de l’évolution repose sur des interprétations et des extrapolations, mais certainement pas sur des preuves directes. Les fossiles, l’absence d’observation de macroévolution et la complexité du vivant devraient inviter à la prudence. L’impossibilité expérimentale de produire une cellule vivante à partir de matière inerte souligne encore l’ampleur du mystère entourant l’origine de la vie.
Une véritable honnêteté scientifique exigerait de reconnaître que l’évolution n’est pas un fait, mais une hypothèse parmi d’autres – et qu’elle ne répond toujours pas à la question essentielle de l’origine de la vie. La science n’a rien à craindre d’une remise en question, mais elle a tout à perdre à s’ériger en dogme. Tant qu’elle refusera d’ouvrir le champ des possibles, elle continuera à confondre ce qu’elle suppose avec ce qu’elle sait.